Campagnes de détection au Cap Ferret partie 3

Le Cap Ferret, 09 juin 2014:


fort de plusieurs jours à restaurer mes trouvailles du 29 mai et ainsi que de plusieurs nuits blanches de recherches divers j'ai décidé de retourner sur les mêmes lieux et d'approfondir mon champs de recherche.

1) Premier arrêt au niveau de la zone ou j'avais trouvé le 16 novembre 2010 deux étuis en acier cuivré de 7.92 Mauser ( ainsi que 6 autres étuis le 29/05/14 ).
 
Petit retour sur les lieux de mes premières découvertes de douilles Mauser, bien décidé à en trouver d'autre mais surtout des preuves qu'il s'agisse d'un simple lieu de manoeuvre et non d'un combat ou d'une escarmouche oubliée. j'ai donc changé de côté mais toujours dans la même zone et au bout d'une heure de détection je commence à trouver  beaucoup de détritus mais rien de trop probant et puis enfin la récompense je trouve exactement le type de douille que je recherchais, un étui en laiton intact et surtout avec un moletage au niveau du culot ! indiquant qu'il s'agit d'une munition jadis non létale car il s'agissait d'un modèle d'entrainement à projectile en bois de ce type puis des douilles en acier cuivré en très mauvais état et fragmentés .


Au final en 2h30 de détection j'aurai trouvé que peu d'étuis ( 5 étuis ) et encore moins des complets (un seul), mais bel et bien la confirmation qu'il s'agit d'un lieu d'entrainement et non celui d'un combat oublié .

Et tout comme pour ma première sortie détection, à peut prés à la même distance de la route, j'ai trouvé un autre barreau en fer, coudé et dont je ne sais toujours pas la fonction mais au vu de l'état je pense que c'est de la même époque que les vestiges que je trouve et ramène:

2) Second arrêt sur la même zone fortifiée située sur la façade Atlantique ou je suis allé le 29 mai dernier:
 

Retour sur la position ou j'avais trouvé les restes d'une fusée AZ23-28 pour vérifier une hypothèse quant à l'origine de ce débris et surtout confirmer la présence de cette fusée d'obus explosée si proche de l'embrasure du bunker comme étant les restes d'un sabordage de la position occupée par des soldats du 950 Infanterie Regiment "Freies India" ( la légion d'Indes Libre ) en 1944.

Je ne suis resté qu'une heure vingt sur la zone mais j'ai rapporté 11 vestiges qui m'ont permis de confirmer mon hypothèse éclats d'obus, de douille d'obus, restes de matériels pour caissons et transport de munitions ou d'éléments de munitions d'artillerie pulvérisés par des explosions donc c'est avéré à présent, la position fut bien sabotée en Août 1944 par les allemands avant qu'ils quittent le Bassin d'Arcachon !
Voici ce que j'ai trouvé sur place: ( une partie de ce que j'ai découvert est visible ci-dessous)



2 éclats de douille d'obus en laiton, 4 éclats d'obus, 1 ceinture d'obus tiré en cuivre, 2 couvercles en zinc à fermeture baïonnette, partiellement endommagés par l'explosion du contenu des boites, 1 fragment de ferrure de caisson d'obus ? et un reste de bouteille ? en aluminium partiellement soufflé .
J'ai détecté d'autres nombreux échos sur le terrain mais faute de matériel adéquat j'ai dû me résoudre à repartir en laissant tout cela dormir jusqu'à la prochaine fois ou je reviendrais !!!

3) Troisième arrêt retour sur la zone du stade :
 
Retour sur le Tobrouk ou j'avais trouvé le 29 mai dernier un douille à baïonnette pour ampoule et une douille d'origine Tchéquo-slovaque avec 2 petites découvertes dont une insolite car je ne sais pas ce que c'est.
 
Première trouvaille très bien identifiée, c'est à nouveau une douille laiton de 7.92 trouvée à 1m environ de l'endroit ou j'avais trouvé ma précédente douille!

Et voici ma seconde découverte sur le toit de l'annexe d'un abris blindé à 100m du Tobrouk toujours sur la même zone, il s'agit d'une petite plaque en laiton qui se fixait sur quelque chose à l'aide de deux petites vis en acier surmontée d'une douille à tenon baïonnette avec un pion en laiton en son centre le tout entouré d'un ressort lui aussi en laiton et qui semble soudé ou serti, si quelqu'un a une idée ou des images pour trouver ce que c'est , je suis preneur  .

 
Mes trouvailles du Truc Vert:
 

Sur la photo de gauche à droite et de haut en bas:

1) étui laiton moleté au culot indiquant une munition d'entrainement qui fut tiré par une MG34 (l'amorce à demi sortie de son logement indique une surpression de la munition qui est pourtant factice donc cela signifie que cette cartouche à ogive bois à été utilisée dans une arme automatique, la marque en travers de l'étui fait de la MG34 une cliente évidente car cette mitrailleuse qui passait pour la Rolls Royce des mitrailleuses avait tendance à rapidement s'enrayer au moindre grain de poussière dans le canon ou la culasse ou le couloir d'alimentation c'est pour cela que par la suite durant la guerre une arme en tôle emboutie et avec des ajustages très large sera mise au point ! elle sera une arme redoutable et redoutée ! une arme qui reste le standard en matière de rapidité de mise en oeuvre,légèreté, coût d'usinage réduit et surtout fiabilité, cette arme, ce sera la MG42 mais ça c'est une autre histoire !):

P154: Polte Armaturen-u, werk Grüneberg, Nordbaln Schlesien
S ( étoile ): Alliage à 72% de cuivre
23: 23ème lot de l'année
34: Année 1934
 
2) étui en acier cuivré rompu
3) étui en acier cuivré rompu avec reste du culot mais malheureusement aucun marquage de lisible la seule chose que je peu affirmé c'est que cette cartouche à été tirée par un fusil du système Mauser, vu le type de percussion.
4) Fragments d'un étui en acier cuivré
 
Sur les photos, de gauche à droite et de haut en bas :
 
-4 éclats d'obus d'ogive de 75mm, le second fragment semble être plus un éclat de canon que d'obus mais j'ai une doute, le troisième fragment à de beaux restes de peinture rouge et le dernier éclat présente des restes de marquages ( 4c, DM... me manque la dernière lettre pour identifier le fabricant de l'ogive ce peut donc être 6 fabricants ! DMA: Heersmunitionsanstalt Herres Munitionsanstalt u Geschosswerkstatt à Zeithain, ou DMK: Ilseder Huette, rolling mill, Peiner Peine, ou DMO: Auto-Union, Chemnitz, ou DMS: Nuernberger Schraubenfabrik GmbH, Nuremberg, ou DMY: Fritz Werner, Berlin Marienfeld ou enfin DMZ: Gesellschaft zur Verwerfung chemischer Erzeugnisse GmbH, Werk Doemitz) :


-2 éclats de douille d'obus de 7.5cm FK16:

- 2 couvercles en zinc, pour boite de charge anti-lueur modèle pour 7.5cm Feldkanone 16:

les deux couvercles portent le même marquage :

L'aigle de la Reichswehr ( ancêtre de la Werhmacht à l'époque de la république de Weimar ), plus le Waffen Amt 187 : H.W. Schmidt, Metallwaren, Döbeln, Saschen. Code fabricant brg.


- Fragment d'acier, de caisson d'artillerie (renfort de caisse en bois, il en reste d'ailleurs des vestiges au dos du fragment ) Et reste de récipient non identifié en aluminium, du même modèle que la petite bouteille suspecte laissée enterré sur place lors de ma sortie au Cap Ferret au mois de mai dernier  en tout cas elle semble avoir chauffée et explosée, pas de restes de peintures dedans ou dehors, l'objet n'est donc pas une bombe de peinture , mais qu'est-ce que c'est alors ,!: peut-être une pile de poste TSF de type ONDERZIA RADIO ou le reste d'une condensateur  ?
 

- Une ceinture d'obus de 7.5cm FK16 avec restes de fonte acérée encore en place sur la ceinture de cuivre qui semble avec était dans un canon ( ceinture écrasé et faisant le double de sa hauteur et la moitié de son épaisseur d'origine ).

Mes trouvailles du Cap Ferret:
 

1- Un nouvel étui de 7.92 en laiton qui visiblement à subit une surpression donc elle à été tirée par une mitrailleuse qui à maté le culot et laissé un petit volcan tout autour du trou de percussion de l'amorce l'étui n'est pas déformé ni marqué ce qui indique une arme à cadence de tir lente mais automatique tout de même probablement une vieille mitrailleuse de prise d'origine polonaise une fabrication sous licence polonaise de la Browning 1917 américaine qui était à l'origine en calibre 30-06, la WZ30 polonaise quant à elle, était en 7.92 Mauser, elle est codée Smg 230(p)  (photo d'une position de mitrailleuse SMG230(p) du Pillat) dans l'armée allemande. C'est donc une quasi certitude qu'il devait y en avoir une là, car elles pullulaient sur les défenses du Pillat et du Cap Ferret, c'est donc une douille intéressante car vue que je l'ai trouvée au même endroit que la douille de mitrailleuse Zb37 à 1 mètre de différence l'une de l'autre, sur le même Tobrouk (hors il ne peu y avoir qu'une arme pour un tel Tobrouk) cela indique qu'à un moment ou un autre de la guerre, la SMG230 (p) à due être remplacée par une Zb37 bien que la douille de ZB37 soit plus oxydée (ce qui indique qu'elle aurait passé plus de temps dans le sol ), elle n'était que sous 4/5 centimètres de sable seulement, hors le sol est très salin donc à très attaqué le laiton chaud de la munition tirée, hors cet étui de SMG230 (p) quant à lui est bien moins oxydé alors qu'il est probablement le plus âgé des deux sur le site c'est la profondeur à laquelle se trouvait enfouit la douille (environ sous 15/20cm de sable est dans les racines qui on donc drainées l'humidité et régulé l'action du sel sur le laiton de l'étui) elle a donc été mieux préservée car dans ce genre de configuration, (sol sablonneux donc assez aéré propice à l'humidité saline de l'océan qui ne se trouve qu'à 200m ce qui favorise énormément l'oxydation) être enfoui plus profondément c'est serte plus chiant à extraire car il faut creuser plus longtemps et dans les racines mais c'est un cadeau inattendu pour les fouilleurs comme moi car plus c'est enseveli profondément, plus le processus d'oxydation est ralentit car moins il y a d'oxygène, d'humidité et d'acide tel que le sel marin ici en l'occurrence :
 
P181: Hugo Schneider Lampenfabrik, Leipzig Saschen.
S ( étoile ): Alliage à 72% de cuivre
26: 26ème lot de l'année
36: année 1936
 
2- Petit objet ( sorte d'élément de prise électrique ) en laiton comportant deux petites vis trait de scie, un système à tenon baïonnette avec en son centre un axe ( prise de terre ? ) et un ressort en laiton ( prise de sécurité ? ) serti, aucune idée pour l'instant, de quoi il s'agit mais ça devait avoir un usage militaire puisse que retrouvé sur le toit de l'annexe d'un bunker abris pour 2 groupes de combat... probable reste de connectique sur embase bakelite pur radio de transmission militaire allemande WWII.
 
Les vis d'origines étant mortes, j'ai décidé de les refabriquer à l'identique sur la base du vestige de la moins mal conservée des deux, la pas de vis est un M3 standard .

 

La suite sera ici 

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