Bonsoir à toutes et à tous, republication de cet article initialement publié sur mon Skyblog le soir du 09 septembre 2011 et modifié au fil de mes retours sur la position, depuis 2023 la totalité des articles de mes blogs furent transférés sur Blogspot pour la raison évidente que Skyblog à fermé, cet article est donc une republication mais pas pour autant un copier/coller en effet la plateforme n'étant plus limitée à 8 images par article et ayant fais de nouvelles découvertes depuis 2011, vous bénéficierez ici d'une version upgradée avec des photos inédites, car je n'ai jamais pu les publier sur mon article originale (car pour tout mettre il m'aurais alors fallu 4 articles hors pour un article qui, je le savais ne serait pas aussi étoffé que mes sorties au Cap Ferret ça aurait été des articles inutilement vide), que voici ci-dessous, tel qu'il était publié en Page 3 de mon ex-Skyblog entre 2011 et la fermeture de la plateforme, ainsi vous pourrez juger du chemin parcouru depuis ma première publication, jusqu'à aujourd'hui 17 août 2023, jour ou j'ai republié et surtout remasterisé mon article sur Blogspot:
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| Visuel de mon ancien article sur mon ex-Skyblog tel qu'il était en 2011... via ma sauvegarde Webcopy |
Après les dunes du Cap Ferret et ses mystères, partons vers le Médoc, dans le secteur de Talais, au port de Neyran, plage de La Longue pour être précis.
Le H67:
Tout comme le Tobrouk pour mortier d'infanterie, cette casemate est un ringsdtänd coiffé d'une tourelle de char, ici celle d'un Renault FT 17 possédant un canon de 37mm SA18 cette batterie pouvait faire feu sur 360° avec une cadence de tir allant de 10 à 20 obus par minute et pouvant tirer des obus aussi dangereux que des grenades défensives et ceux ou bien des munitions perforantes ou incendiaires jusqu'à 400m.
A proximité de cette casemate ce trouvait une plateforme pour canon de DCA il s'agissait la encore d'une pièce française de prise, un 75mm modèle 1897 de campagne transformé en canon de DCA, code dans l'armée allemande: 7.5cm FK 231 (f).
Le H674 H09:
Pourquoi
vous parler d'un petit port de pêche et d'ostreïculture bien tranquille dans un blog
consacré à l'histoire et l'archéologie ?
C'est très simple, ce paisible
petit port faisait partie entre 1943 et 1945, de la
forteresse du Médoc et était le point d'appui codé Wn 325, il s'agissait d'un des éléments du Mur de
l'Atlantique.
Le but de la ligne de casemates érigées à Neyran et des
grands complexes de la Pointe de Grave, était d'interdire l'accès à
l'entrée de l'estuaire de la Gironde aux alliées, pour éviter toute
invasion (ce qui deviendra une nécessité pour les allemands dès 1942 car il ne faut pas oublier que ce Mur fut érigé suite au raid de Dieppe et pour ce qui du secteur du Médoc/Bordeaux, le succès de l'opération Frankton), les allemands bétonnèrent toutes les côtes françaises (mais pas seulement elles), le Mur de l'Atlantique s'étendait de Trondheim en Norvège à Cadix en Espagne et restera inachevé lorsque les débarquements de Normandie puis de Provence auront lieux.
Photo satellite de la position de La Longue/Neyran:
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| Vue google map du 12 septembre 2011 |
Mais
revenons sur notre petit port, en 1943 les Allemands envahirent
officiellement la zone "libre" et commencèrent à bétonner les plages et
les estuaires, c'est à cette date que fut construit les ouvrages
défensifs de Neyran, nom de code Trakehnen (à quoi fait référence ce nom) GI (GI pour le secteur géographique, ici c'est la Gironde) W325 (W pour West,qui signifie Ouest en allemand secteur géographique de la position et 325 est le numéro de référence de la position pour le système cartographique de l'état major allemand du secteur Gironde Süd KVA E1, Armee Ober Kommando 1) H (H pour Heer indiquant donc un ouvrage affecté à l'armée de terre allemande) 1943 (pour l'année de création de la position), l'actuelle
chenal du port était à l'origine un canal antichar creusé par
l'occupant et qui s'étendait de Soulac à Neyran.
La position comme vous pouvez le voir sur le plan ci-dessus, est composé de 4 bunkers principaux (les bunkers: H612 H08,H 622 H04, H680 H10 et H674 H09), puis de deux nids de mitrailleuses, d'une plateforme pour canon antichar 4,7cm SA 37, d'un ringständ, qui est un Tobrouk pour Mortier m36 de 50mm, d'un Tobrouk avec tourelle de char FT17 (le H67) et enfin d'une plateforme, pour canon de DCA avec canon de 7,5cm Fk 231 (f) et de deux blocs sanitaires situées à l'arrière de la ligne côtière.
Descriptif des positions:
Le H612 H08:
Ce bunker abritait jadis un canon de 75mm de prise Belge, code 7.5cm FK236(b) dans l'armée allemande, l'embrasure de la batterie était tournée vers
la Gironde sur la façade sud de l'édifice, ce trouve une entrée pour un
emplacement de tour de guet le H612 H08 est situé prés de l'embouchure du
canal antichar.
Le ringständ :
À proximité du H612, ce trouvait un ringständ Vf 58D, aussi appelé Tobrouk pour mortier de 5cm modèle36.
Le H622 H04:
Ce
gros bunker en forme de T est un abri-caserne pour le personnel du
secteur défensif, il servait également de poste de commandement pour l'Hauptmann Zedler qui commandait le secteur. juste derrière, côté plage, ce trouve une plateforme
en béton qui servait de garage pour canon antichar , pour un canon
français de prise, code allemand 4.7cm PAK 181, notre APX, 47mm SA 37.
Le H680 H10:
Il s'agit d'un bunker qui abrite un canon PAK 40 de Ø 7.5cm ce bunker pouvait faire feu sur l'intérieur des terres.
Le H67:
Tout comme le Tobrouk pour mortier d'infanterie, cette casemate est un ringsdtänd coiffé d'une tourelle de char, ici celle d'un Renault FT 17 possédant un canon de 37mm SA18 cette batterie pouvait faire feu sur 360° avec une cadence de tir allant de 10 à 20 obus par minute et pouvant tirer des obus aussi dangereux que des grenades défensives et ceux ou bien des munitions perforantes ou incendiaires jusqu'à 400m.
A proximité de cette casemate ce trouvait une plateforme pour canon de DCA il s'agissait la encore d'une pièce française de prise, un 75mm modèle 1897 de campagne transformé en canon de DCA, code dans l'armée allemande: 7.5cm FK 231 (f).
Le H674 H09:
Il s'agit de la soute à munition du système défensif de Neyran, elle est protégé par deux nids de mitrailleuses faisant face au fleuve.
A l'arrière immédiat des batteries ce trouvais le bloc sanitaire, ou il y avait salle de repos, salle d'opération, dortoirs et douches.
La chute du Wn325 :
Le Wn325 Neyran tomba entre les mains du 34ème RI , les FFI des Landes, de la Gironde et du Lot et Garonne après de rudes combats nocturnes les 18 et 19 avril 1945 (tout du moins c'est ce qui est écrit sur la plaque commémorative, la véritable histoire est un poil différente et je vous la raconterai plus bas) une chose est sûre la position a subie des combats.
l'abri H622 H04 fut complètement éventrée par divers explosions résultants des dures combats, la batterie du PAK40 fut copieusement canardée à en juger par l'état de l'embrasure .
avec la chute de ce point d'appui, les FFI ouvrirent la voie vers la pointe de Grave à leur régiment, mais les combats ne seront pas moins violents pour autant.
Photo du bunker H612 H08 avec sa stèle:
De
nos jours , il reste le bunker H612 H08 qui porte d'ailleurs une stèle
commémorative des dures combats de libération, le ringständ pour
mortier avait été pulvérisé par une bombe, il à disparu, probablement
engloutis sous les hautes herbes (certainement le tas de gravas au pied du H622 H04), il reste la plateforme pour 7,5cm FK 231, Le H622 H04 à été muré pour éviter les accidents car resté dans le même état qu'en 1945 (éventré par une bombe qui l'à très sérieusement pulvérisé),
le H680 H10 est toujours accessible mais partiellement englouti par le
sable, l'embrasure qui faisait face à la zone des marais est toujours
bien visible, les stigmates des combats également.
Pour ce qui est des emplacements de nids de mitrailleuses, la plateforme pour 7.5cm fk 231(f) tout à disparu sous le sable, et pour la soute à munition H674 H09 seul le toit et les deux tuyaux d'aérations émergent de la dune.
Pour le bloc sanitaire, il n'en reste que des ruines, sous forme de fondations visibles depuis le ciel mais au sol tout est ensevelie et invisible sous les hautes herbes.
Mes sorties et quelques découvertes sur le terrain:
Pour ce qui est des emplacements de nids de mitrailleuses, la plateforme pour 7.5cm fk 231(f) tout à disparu sous le sable, et pour la soute à munition H674 H09 seul le toit et les deux tuyaux d'aérations émergent de la dune.
Pour le bloc sanitaire, il n'en reste que des ruines, sous forme de fondations visibles depuis le ciel mais au sol tout est ensevelie et invisible sous les hautes herbes.
Mes sorties et quelques découvertes sur le terrain:
Prospection sur le terrain, le
09 septembre 2011:
Sur ce secteur, je suis allé chasser la tourterelle et la palombe ce matin là mais après avoir mangé un bout nous sommes partis nous promener un peut, l'après-midi
mon père et moi ont c'était mis dans l'idée de ramener quelques crevettes
pour le soir 😀, donc on à fait écluse par écluse jusqu'à arriver au petit port de Pêche de Neyran (enfoncé dans les terres) nous
y sommes restés 2 heures sans rien pêcher, donc nous avons décidé de
nous rapprocher des rives de la Gironde, nous sommes donc partie à La
Longue (embouchure du port de Neyran) et quel ne fut pas notre surprise de découvrir partiellement ensablé ce qui resemble clairement aux restes de 3 bunkers allemands du second conflit,
l'un d'entre eux possède une stèle commémorative des événements tragiques survenus 66ans plus tôt. laissant donc rapidement mon père pêcher, je décide de visiter
les fortifications, (j'ai maudits le fait de ne pas avoir alors mon Sony CyberShot, pour conserver des traces photographiques et vidéos de cette sortie aussi, je vais frénétiquement chercher des infos sur le web et dans mes documents pendant des jours après mon retour) en me promenant je découvris qu'il n'y avait non pas
3 mais 4 bunkers encore visibles, ainsi que le toit d'un plus petit dans la dune face à la plage, je suis resté 3 bonnes heures à
arpenter les dunes et étudier les ouvrages bétonnés sous toutes les
coutures, arrivé au niveau de l'embrasure d'un type H680, je récupère sur
le sol un éclat du plafond blindé qui avait été partiellement détérioré
par des tirs d'armes lourdes (probablement de la 50 BMG ) et d'obus de petits calibres ou des schrapnels d'obus de fort calibre ou de bombes divers provenants de
la zone des marais j'ai également récupéré un fragment de béton de
l'édifice.
En revenant sur mes pas par la petite route calcaire qui mène au port et qui passe au pied des bunkers, je voulus retourner sur le bunker de type H612 pour relire plus en détail la stèle et noter les infos pour faire des recherches une fois de retour chez moi.
A quelques mètres du bunker, sur le sol quelque chose attira mon regard, j'avais trouvé un fragment métallique indéfinissable sur le moment, cela ressemblait à une vieille plaque en cuivre déformée par les passages fréquents de voitures, mais j'ai eu un doute et ne l'ai pas jeté à la poubelle, un peu plus loin, car vu la patine, la forme et l'épaisseur j'ai une idée sur ce que ça pourrait être... j'en profite également pour récupérer un fragment de béton du bunker.
Sur le trajet du retour, je ressortis de ma poche cet éclat de cuivre qui m'intriguait tant, pour l'observer et réfléchir... "et si ce n'était pas du cuivre mais du laiton?" une idée germait dans ma tête, et si cette éclat mystérieux provenait de l'un des bunkers? D'une munition?
En revenant sur mes pas par la petite route calcaire qui mène au port et qui passe au pied des bunkers, je voulus retourner sur le bunker de type H612 pour relire plus en détail la stèle et noter les infos pour faire des recherches une fois de retour chez moi.
A quelques mètres du bunker, sur le sol quelque chose attira mon regard, j'avais trouvé un fragment métallique indéfinissable sur le moment, cela ressemblait à une vieille plaque en cuivre déformée par les passages fréquents de voitures, mais j'ai eu un doute et ne l'ai pas jeté à la poubelle, un peu plus loin, car vu la patine, la forme et l'épaisseur j'ai une idée sur ce que ça pourrait être... j'en profite également pour récupérer un fragment de béton du bunker.
Sur le trajet du retour, je ressortis de ma poche cet éclat de cuivre qui m'intriguait tant, pour l'observer et réfléchir... "et si ce n'était pas du cuivre mais du laiton?" une idée germait dans ma tête, et si cette éclat mystérieux provenait de l'un des bunkers? D'une munition?
Une
fois de retour à la maison, je fis tremper l'éclat dans un verre de la
lessive St Marc diluée avec de l'eau pendant 48h le temps que je fasse
quelques recherches sur l'histoire des lieux , l'occupation du terrain,
le matériel présent en 1945 etc.... 2 jours après le début du trempage,
l'éclat commençait à trahir des indices caractéristiques, qui
confirmaient mes soupçons, c'est bien du laiton recuit par le soleil et
l'environnement salin mais surtout une chaleur extrême et l'action d'un explosif, de ce fait je suis parvenu à identifier à quoi
correspondait ce fragment de laiton, il s'agit d'un fragment de douille
d'obus d'un calibre comprit entre 37mm et 75mm (les calibres des canons utilisés sur ces batteries, étant beaucoup trop endommagé par ses 66ans exposé aux éléments je ne peux malheureusement être plus précis) cette
munition aurai fait explosion lors des combats féroces avec les
résistants ou bien suite aux combats un incendie ce serai déclaré sur
l'une des casemates contenants des obus qui auraient explosés dans le
feu, ce qui expliquerai que la poudre ai dégradé l'un des coté de
l'éclat (probablement la partie interne de l'étui) et qu'il y est cette impression de fragment "déchiré", autre hypothèse valable avant de se rendre les hommes de la position Wn325 on détruit leurs matériels.
Sur la photo vous pouvez voir mes trouvailles:
Sur la photo vous pouvez voir mes trouvailles:
La seule chose qui me permet de situer précisément la position de l'éclat de laiton sur sa douille c'est ce mystérieux pli en diagonale de l'éclat c'est soit le rebord du collet de l'étui soit le vestige du sertissage de l'ogive sur l'étui ce qui explique la finesse de l'épaisseur de l'éclat et le fait que malheureusement je ne puisse déterminer si cela provient d'une douille de 37mm du SA17, 47mm du SA 37 antichar, 75mm Belge ou encore un 75mm Français ou un 7,5cm PAK40 allemand (pièces d'artillerie de la position Wn325).
Petite histoire sur les occupants des lieux jusqu'en Avril 1945 :
La
position Wn 325 Gi fut occupé entre le 01/12/1943 et le 19/04/1945 par
le 1 Kampf Grupp du Kosaken Bataillon 622 qui fut cantonné au Vieux
Soulac pendant toute la durée du conflit. (le 1 KG fut initialement mit sur pied le 03/12/1942).
Petite histoire de la position lors des combats de la Pointe de Grave :
12 avril 1945:
Les
français sont à Naujac les allemands captent un message radio français
annonçant l'imminence d'une attaque sur la Pointe de Grave, les
allemands renforcent leurs positions au niveau des points d'appui en
avant du canal antichar de Soulac.
13 avril 1945, 09h14:
L'artillerie
de la brigade Carnot ouvre le feu en avant et sur les arrières du canal
antichar de Soulac en vu de l'attaque suite à ce pilonnage, 4 Hafenschutzboote sont coulés au port Bloc leurs équipages seront
intégrés à la garnison qui va bientôt défendre les positions de la
pointe de Grave.
Dans
la fin de matinée, la position Wn325 est harcelé par l'aviation
française, dans l'après-midi un bombardement est effectué sur les
positions du Vorfeld.
Dans la nuit du 13 au 14 avril 1945:
Tir de représailles de l'artillerie allemande sur Naujac
14 avril 1945:
Nous
sommes à la veille d'une attaque de grande envergure sur les front de
Royan et de la Pointe de Grave les bombardements s'intensifient la 8th Air Force américaine (1133 appareils) ensevelie la ville de Royan sous des milliers de tonnes de bombes (alors que ce n'était pas nécessaire !) et transforme le secteur de la pointe de Grave en paysage lunaire .
15 avril 1945 :
Pilonnage intensif de la batterie des Arros, la station radar Vogel , la batterie de la Claire et les positions du canal antichar de Soulac par les navires des forces navales françaises (le Lorraine, le Duquesne, le Hova, le Fortuné, l'Alcyon et le Basque),
au final 3179 obus furent tirés sur ses positions . Pendant ce temps,
les troupes françaises sont en mouvements dans le vorfeld, appuyés par
l'aviation française (12 SBD Dauntless de la 4 ème Flotille de Bombardement) qui bombarde le secteur de Vendays-l'Hôpital.
le
34eme RI, se prépare donc à monter à l'assaut, mais un violent tir
d'artillerie allemand les empêchera de franchir le chenal du Gûa, dans
la nuit le régiment tente à nouveau de passer en direction de Port
St-Vivien, sans succès et devrons même se replier.
Voici comment était composé la force naval français dans le secteur:
16 avril 1945:
A
06h22 la Surprise, la Lorraine et le Duquesne ouvrent le feu sur le
fossé antichar et sur plusieurs de ses positions. Le Hova ouvre
également le feu sur une des positions au nord de Montalivet (507 obus tirés au total),
dans la matinée 485 B17 de la 3rd Air Division lâchent 1445 tonnes de
bombes sur la ligne du fossé antichar de Soulac pour tenter de le
combler, en vu de faire passer les chars et l'infanterie, le Wn325
essuie également des coups directs de bombes.
L'Hauptmann Zedler qui est
le commandant de la 14ème compagnie du III/ Festungsstammabteilung LXXX
et qui donc dirigeait les Wn 323, 325, 326 et 328 fut tué lors du
bombardement de la position Trakehnen (bunker H622 H04) qui éventra par deux fois son blockhaus de commandement.
Suite
à ce pilonnage intensif de la zone, les troupes allemandes reçoivent
l'ordre de se replier derrière la ligne défensive de Talais (secteur de Neyran/La Longue).
A
14h Grayan est prit par le III/38eme Ri et le bataillon Somalis,
pendant ce temps les pontonniers du régiment AEF s'activent à construire
des ponts dans le Gûa pour faire passer les chars Tank Destroyer M10. Plus à l'est,
le III/34eme Ri atteint Port St-Vivien à 18h après un combat de 1h30
puis poursuit l'avancé sur la digue du chenal Neuf pour attaquer
plusieurs autres positions isolées, dans la soirée le III/34 RI fait
mouvement en direction des positions de la pointe au Oiseaux qui
tomberons dans le milieu de la nuit une centaines d'allemands seront
fait prisonniers lors des combats.
17 avril 1945:
09h15,
24 SBD Dauntless du GAN 2 (2ème Groupe Aéronaval) escortés par 4 Dewoitines D 520 reprennent le
bombardement du canal antichar dans le secteur Sud de Neyran afin de
permettre aux chars de passer, à l'Est, les Ière et IIIème compagnie du
34eme Ri progressent péniblement dans la zone des marais en direction du
chenal de Talais, pendant que la IIème compagnie poursuit sa remonté en
longeant la Gironde sous un soleil de plomb et avec très peu d'eau
potable. Dans la journée la majorité des unités de combat allemandes se
sont retirés derrière les positions du canal antichar de Soulac et de
nombreux soldats se sont également rendu aux forces françaises.
18 Avril 1945:
Des
renforts en provenance du front de Royan arrivent enfin. A 13h
l'aviation française reprend ses bombardements des batteries des Arros
et des Huttes.
Dans la matinée le III/34 RI du commandant Barret progresse sous un tir
de barrage allemand après avoir réussis à franchir le canal antichar au
niveau de Neyran, plus à l'ouest, des liaisons sont établi avec le
bataillon Somalis. mais plus à l'Est les français sont stoppés par
d'intenses tirs de mitrailleuses. Dans la nuit du 18 au 19 avril, les Wn
326 ( la Gare de Moutardier ) et le Wn 325 ( la pointe de Neyran ) sont investis par les 6ème et 9ème compagnies du 34ème RI et firent des dizaines de prisonniers.
Le
lendemain, au matin se sera l'assaut sur la batterie des Arros puis des
huttes ou les combats furent féroces et continuerons toute la journée.
les combats de la pointe cesseront le 20 avril 1945 lorsque les derniers
soldats allemands se rendent à 19h10 à un officier d'artillerie français.
Voici quelques photos d'époques des restes de la postion Wn325 après les combats:
![]() | |
| Le H612 vue de dos |
![]() |
| Vue de l'embrasure du H680 |
![]() |
| Plateforme de la position avec le canon 7,5cm FK 231 (F) encore en place |
Sortie détection du 01 juin 2013:
Seconde sortie sur ces lieux, le matin j'étais à la chasse mais il n'y avait vraiment pas grand chose du coup mon père et moi avons décidé de nous promener un peut et principalement au port de Neyran puisse que cette fois-ci j'ai prévu mon détecteur de métaux on va donc pouvoir parler de choses sérieuses !.... 😅ou pas comme nous allons voir.
Nous nous arrêtons à l'ombre dos aux deux premiers Bunkers pour manger car il est quasi 12h lorsque nous arrivons et sommes alors debout depuis 04h30, nous sommes donc fatigué, cuit par le soleil et presque ivre d'avoir fixé le ciel pendant des heures, un repos de 1h est donc le bienvenu même avec une telle chaleur il fait en ce 1er juin plus de 30°c, sans le moindre vent et malgré que c'est partiellement nuageux, celà reste ultra agressif niveau UV !
13h05, je me motive et commence à prospecter au pied du H612 H08 là ou j'avais decouvert l'éclat de douille d'obus mais je ne découvrirai rien, j'ai beaucoup de faux positifs dû au fait que le terrain est du sable hors le terrain de prédilection de mon détecteur c'est la terre semi meuble non les zone sableuses et je ne parviens pas à isoler les interférences (problème qui va me saboter la prospection pendant 3h) j'abandonne le terre plein et pars vers le chenal (ex canal antichar) détecteur au poing sous une chaleur écrasante et quelques secondes plus tard enfin un vrai écho ! Je commence tant bien que mal à creuser avec la mini pelle de jardin que j'ai apporté avec moi, mais le sol se trouve étonnement dur et je n'avais pas anticipé cela ça (initialement j'avais prévu d'amener une pelle normale mais vue le temps qui était prévu je me suis dit que trimballer une grosse pelle encombrante allait plus me gêner qu'autre chose et que de toute façon dans le sable ça devrait suffire la petite pelle... grossière erreur !) aussi ça va me poser de gros problèmes pour la suite...(encore un 😭).
Au bout de 10min d'acharnement je parvient enfin à creuser un trou de 10cm pour tomber sur les restes d'un câble multi brins en acier, il s'agit du reste d'un des câbles tendus autour du bunker pour y dresser des filets de camouflages, c'est encourageant mais je viens de gaspiller beaucoup d'énergie pour rien et je commence déjà à avoir mal au crâne... je commence à cramer littéralement, je continu donc à avancer tout autour du H612, y compris sur la plage, avant de remonter vers la plate forme... a demi ensevelie, en fait il s'agit du toit du ringstand pour Granatwerfer 36, mais rien ne sonne hormis le son ponctuel des faux positifs, je suis déconcerté je m'attendais à trouver au moins des schrapnels de la position ou de ce qui l'à frappé... mais rien ne sonne.
Je décide de poursuivre mon périple et arrive au pied du bunker de commandement le H622 H04, (et son annexe partiellement visible en septembre 2011 à present invisible ensevelie sous le sable aujourd'hui) qui avait été frappé de plein fouet par les bombes françaises en 1945, je pris quelques photos du chaos et après quelques instants à détecter du métal absolument partout et comprends que si je veux creuser chaque échos il me faudrait des jours entier...
Je décide, poursuivre mon périple vers le bunker H680 H10 qui abritait un PAK40 l'endroit est encore accessible depuis l'extérieur aussi je décide de rentrer dedans prendre quelques clichés des dégâts et du plafond blindé, avant de ressortir et de passer le détecteur devant l'embrasure ettttt le moins que l'on puisse dire c'est que ça sonne, ferreux, comme non ferreux mais le problème c'est qu'à cet endroit le sol est ultra meuble car c'est de la terre et en cet après-midi le sol est dur comme de la pierre impossible d'y creuser avec mon matériel... de plus fait notable au vue de la taille et du type d'échos que c'est j'aurais hésité à creuser de toute façon car je soupçonne qu'il s'agisse d'explosifs genres cartouches et ogives d'obus donc pas tellement envie de faire mumuse avec ça le dernier écho acheva de me convaincre de ne surtout pas creuser car objet en fer lourd type fonte acérée (son carré particulier typique des bombes et obus) et surtout après avoir tracé sa silhouette au sol pour voir à quoi j'ai affaire ça représente une importante masse de métal suspecte enfouis sous terre mesurant approximativement entre 1m20 et 1m50... d'autant que juste en face de cet endroit à moins de 25m il y a un cratère de bombe...ça pu au mieux c'est un impressionnant éclat de la bombe... au pire c'est la bombe qui a foirée, donc je note ces infos dans mon carnet (tant que je suis encore à peu près lucide car ma vision diminue, j'ai des flashs blancs dans les yeux, la sueur me brûle et je commence à avoir des vertiges, signe qu'il est grand temps pour moi d'abréger et revenir à la voiture boire et me mettre à l'ombre)
Je poursuis donc mon chemin et décide de couper mon détecteur qui de toute façon après quasi 2h45 en plein soleil à les piles 9V endommagés et détecte à présent même les petits mouvements d'air autour du disque même un brin d'herbe qui entre en collision avec le détecteur donne un signal.
Je le coupe donc, retire les 3 piles 9Volts et les mets dans ma poche avant repartir direction la soute à munition H674 H09 pour faire quelques prises de vues avant de décider d'arrêter la torture et retourne à la voiture en titubant cela fait alors 3h que je cuisais au soleil sans eau sans ombre, sans vent.
Après avoir bu plusieurs rasades d'eau tiède car la chaleur aura eut raison de la sacoche isotherme je reprends mes esprits et vais beaucoup mieux mais décide de me mettre torse nu et demande a mon père de regarder mon dos car tout me brûle il me dit que je suis avec un coup de soleil énorme dans la nuque et même sur les épaules et les omoplates... les uv sont passés à travers le tissu de mon T-shirt et mon gilet, mes avant bras aussi sont bien attaqués... nous décidons donc de repartir mon père veux aller encore un peu plus loin pour voir les tonnes dans une zone connue sous le nom de Grand Casier a après pas mal de temps chercher une entrée pas trop risquée pour la voiture nous y arrivons finalement dans la zone et au loin je vois la position Wn326 Gars de Moutardier et tente de la prendre en photo ce seront mes dernières images je ne vais pas bien et tout comme mon appareil, je n'ai plus de batterie.
Nous prenons donc la longue route du retour, il est alors environ 17h.
Bilan de cette journée, j'ai pu couvrir toute la position au détecteur sans pouvoir faire de découverte notable mais rapporter de nombreuses prises de vues, peut-être qu'avec une meilleur préparation et plus de matos adapté je pourrais exhumer plus de vestiges, pour l'heure cette prospection me laisse comme un goût d'inachevé.
Prospection rapide et improvisée, du 18 avril 2015:
Troisième visite sur ce secteur, à l'occasion du 70eme anniversaire de la prise de la
position par les éléments du 34eme RI une gerbe à été déposé par
l'amical du 34eme Ri sur les lieux même des combats, ce 18 avril j'étais
dans le Médoc pour une réunion de chasse et l'après-midi je suis partie
me promener dans les marais et donc forcément j'ai fais une halte à
Neyran , je n'avais pas de détecteur mais j'avais bonne espoir que des
vestiges soient remontés à la surface depuis 2013 😊 et ce fut le cas ! une seule et unique trouvaille le long du bunker H612h08, un bel éclat d'obus, du 75mm à priori .
Nous arrivons sur les lieux assez tard ce jour-là car initialement nous étions venus dans le Médoc pour participer à une réunion d'une association de chasse et après être sortis du restaurant ou nous avions été conviés mon père et moi, nous avons étaient à La Longue une nouvelle fois, n'étant alors pas très loin de l'endroit.
Nous couperons le moteur sur le parking à 17h40, le temps et très venteux il y a de véritables tornades de pollens tellement il y a du vent, le ciel est grisâtre mais rien de menaçant, il fait ni trop chaud ni trop froid, pourvu que cela dure !
Je décide de débuter mes recherches le nez au sol (je n'avais pas prévu d'aller en prospection et donc pas pris le détecteur de métaux) et à 17h45 au pied même du bunker H612H08, je trouve un éclat d'obus de taille respectable tout du moins il porte les signes caractéristiques (éclat de fonte cylindrique de moyen diamètre environ 80mm, grosse rouille avec nodules mouchetés sur toute la surface de l'objet, indiquant une corrosion par explosif ancien poids etc...). Je le photographie le géolocalise et le dépose à la voiture avant de poursuivre le plus rapidement possible car je commence à avoir des décharges dans le dos et les avants bras je pensais à des sueurs froides à cause de la fatigue etant alors debout depuis 06h00 la suite des événements me prouveront que non.
Je visite la plateforme pour PAK sans rien y trouver ainsi que le H622 je rentrerais dans le poste de guetteur puis après quelques photos je pars vers le H680 le ciel alors était très blanc et excessivement lumineux le vent en bourrasque redoublait de violence, je rentre dans le bunker partiellement ensablé pour faire des prises de vues et observer son sol je n'y découvrirai rien de plus, il est alors 18h10 je trouve que la luminosité baisse vite très vite en faite de seconde en seconde et j'ai de plus en plus de sueurs froides et commence à entendre du bruit dehors je décide de ressortir et d'aller vers le H674.
Une fois ressorti je comprends vite pourquoi je suis dans un tel état et que la lumière baissait vite il y a un immense orage qui est en train de se déchaîner sur l'estuaire de la Gironde et fonce sur nous à toute vitesse je prends donc la décision de courir à la voiture ou mon père me faisait de grands signes.
Il est 18h20, cette prospection n'aura duré que 45min nous prenons la décision de rentrer chez nous sous un ciel jaune fluo à cause de la tempête et des tornades de pollens d'arbres et cela malgré l'orage violent et les trombes d'eau qui tombèrent seulement 5 petites minutes plus tard, il était temps de partir.
Voici quelques images de la restauration, ainsi que les explications de ce qu'est ma trouvaille de cet après-midi riche en rebondissements:
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| l'éclat in situ, au pied du H612 |
La restauration de cet éclat va me prendre 3 jours:
L'éclat tel que trouvé, après un nettoyage à la brosse à dents et à l'eau de pluie/bicarbonate de soude:
Le même éclat après 45min de piquetage au marteau et un brossage à la brosse métallique:
Passage à l'électrolyse de l'éclat:
L'éclat restauré après 3 jours d'électrolyse, un petit brossage/rinçage puis un passage au Rustol:
Il s'agit bel et bien d'un éclat d'obus (assez épais cela dit en passant) d'un
obus de 75mm de diamètre, mais de quelle origine ? Forces Françaises ayant reçu l'appui des
chars TD M10 ? ou d'un obus de 75mm de marine tiré depuis le cuirassé la
Lorraine ? ou fragment d'un obus ayant explosé lors du bombardement du
16 avril 1945 donc du 7.5cm Pak 40 ou 75mm Fk231 français ou encore du 75mm Fk236 belge ? (Les trois types différents de 75mm présents sur cette position).
Après 15jrs de recherches et de mesures j'ai identifié ce flanc d'obus, il s'agit d'un éclat d'obus explosif belge modèle 1923 donc appartenant probablement à la batterie du bunker H612 qui possédait un canon de 75mm GP III codé FK236 (b) dans l'armée allemande .
Voici une vue en coupe du corps d'obus et de la position de l'éclat que vous pouvez voir juste au dessus :
Un jour je retournerais sur cette position pour achever ce que j'ai entrepris mais pour l'heure je reste loin du Médoc et de plus je ne chasse plus dans ce secteur, ce qui implique donc de planifier une sortie détection sur ce secteur hors pour l'instant je n'ai malheureusement pas le temps... tout du moins pour l'heure ou j'écris ces lignes donc en décembre 2018... (la quatrième sortie était initialement prévue en mai 2016 mais je n'ai
pu le faire, je décide donc de me recentrer dès 2017 sur Lamothe ou je
commence à faire de nombreuses découvertes et également le Cap Ferret ce
qui prends déjà beaucoup de temps et de moyens, elle sera repportée une nouvelle fois en 2018 mais sans y parvenir
également, le projet restera donc en standby pour les années à venir et je me consacrerai pleinement à prospecter à Lamothe et au Cap Ferret).
Nous sommes en mai 2024 et celà fait déjà 6ans depuis ma dernière tentative et j'espère toujours pouvoir retourner sur cette position et compléter cet article... affaire et article à suivre 😉🤞.



















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