Bonjour à toutes et à tous, dans cet article nous allons voir
peu de découvertes ramenées mais de bonnes découvertes sur le terrain,
une belle" petite" promenade donc, de par la quantité d'objets ramenés,
mais une ballade importante pour la compréhension de
l'histoire du secteur de Lamothe durant le second conflit mondiale.
Passons à présent à la présentation de cette après midi de ballade.
Pont ferroviaire de Lamothe, Lundi 06 août 2018,14h40:
Il
fait horriblement chaud aujourd'hui, 36°c en plein soleil, pas de vent
et indice uv à 10/12; malgré tout je décide d'aller me balader dans le
sous bois dans l'espoir qu'il y fasse plus frais.
Il
est 14h45 lorsque j'arrive sur les lieux ou j'ai l'habitude de fouiller
et décide d'aller directement inspecter le ruisseau, histoire de voir
ce que l'eau (qui s'est à présent retirée presque totalement avec les fortes températures de ces deux derniers mois) me laisse entrevoir.
Sur
l'image ci-dessous vous pouvez voir une vue plus détaillée du vieux fut
de 200L allemand qui pourrit lentement dans le ruisseau ( fut, que je vous avez déjà montré dans mon précédent article du 15/05/2018 )
Je continu à longer le ruisseau et 6min plus tard j'arrive dans une zone ou le 15 mai dernier j'avais prospecté à l'aimant le lit du ruisseau et ou j'étais tombé sur un objet non identifié en métal tellement lourd que je n'avais pu le sortir de l'eau ni même le bouger d'un iota en y regardant de plus prés j'avais décelé un ombre inquiétante mais je n'avais pu clairement confirmer ce que c'était, mais sur l'image ci-dessous, sous l'eau, ce que j'ai vu et que vous voyez actuellement, cela ressemble fort à des corps d'obus ( 4 au total, peut-être 5 ) de gros calibre, peut-être du 105mm, ces ogives supposés ne sont pas dangereuses dans l'état actuel des choses, elles sont bien camouflés, pas faciles d'accès et surtout ne risques pas d'exploser sans prévenir ( sauf si il y a un violent incendie de forêt dans le secteur ou encore pire des idiots ne sachant pas ce que c'est décidant d'aller récupérer les ogive et de faire les barges avec ) en tout cas une chose et sûr cela fait 74ans au moins que ces obus ( potentiels car c'est non vérifié pour l'heure ) dorment paisiblement au fond de ce ruisseau sans incidents malgré la fréquentation des lieux par de nombreux promeneurs et joggers ils ne risquent donc pas grand chose ( les obus, autant que les êtres humains qui passent à côté sans le savoir ).
Cette hypothèse importante pour l'histoire de l'explosion d'un convoi de munitions allemand ( qui n'a donc officiellement JAMAIS existé à en croire les chroniques, je la trouve dangereusement réelle pourtant moi cette légende urbaine, pas vous ?!!!!! ) en ces lieux durant la secondes guerre sera à vérifier plus tard.
14h54, je décide de rentrer dans le sous bois pour voir si je retrouve d'autres vestiges et ne tarde pas à faire des découvertes un peux bizarres comme ce drôle de crochet avec un reste de câblage électrique etttttt 70/80 ans de corrosion dessus, l'objet est resté sur place.
Après 5min à prospecter dans le sous bois sans résultat, je décide d'escalader la bordure du bois, histoire d'accéder aux anciennes voies de stockage ou potentiellement le convoi allemand était stationné lors de sa destruction.
Donc je décide d'aller vérifier et ne tarde pas à trouver 3 grandes voies ferrées désaffectées, elles furent utilisées du siècle dernier jusque dans les années 40 , vous pouvez en voir plusieurs images ci-dessous:
Comme vous pouvez le voir tout est à l'abandon et depuis fort longtemps, mais malgré tout, ces rails à demi engloutis par les herbes folles, le temps et l'oublie ne sont pas morts pour autant, ils nous raconte une histoire, l'histoire d'un monde, l'histoire d'une époque ! une époque ou les voies étaient alors en face de la gare de Lamothe et ou débarquaient et embarquaient des centaines de passagers de tout types, des religieux, des pèlerins, des ouvriers des chemins de fer, des dandys des élégantes ou de simples gens des campagnes mais également des ouvriers spécialisés dans la récupération des radeaux de rondins de bois en provenance des scieries de Belin Beliet ou des Landes voisines, via l'Eyre pour y être chargés à Lamothe sur les wagons à destination du port de Bordeaux et être exporté dans le monde entier comme poteaux de pins pour en faire des étais de galeries de mines, en bref ces rails, camouflés par la végétation sauvage, rongés lentement par la rouille nous raconte un passé bien chargé et très varié un passé intimement lié au début du 20ème siècle qui fut l'apogée de l'exploitation du site puis par la suite dans les années 20/30 ce sera une routine puis un lent déclin, la gare de Biganos et du Teich prenant lentement le relais de la splendide gare de Lamothe, puis viendra les années 40 et la guerre qui achèvera la déchéance du site avec l'occupation, les sabotages, les attaques des résistants puis la destruction des ponts et enfin, histoire d'achever d'enterrer la vérité sur l'histoire colorée et riche des lieux, l'oubli pur et simple de ce passé !!!! une amnésie collective qui perdure toujours à l'heure actuelle car hormis des fous d'Histoire et passionnés telle que moi et quelques autres également qui connaissent, se souviennent avoir entendu parler ou sont sûr de pouvoir se rappeler l'histoire de ces lieux ou de tant d'autres lieux ( et pas uniquement que sur le Bassin d'Arcachon ) dans son intégralité ? personne ne pourrait le jurer et pour une raison pure et simple c'est que cette histoire que je m'évertue au travers de mes articles de partager avec vous toutes et tous, personne ne l'a JAMAIS écrite.. jusqu'ici, ni filmée ou fouillée dans aucun manuel d'histoire générale ou livre sur l'histoire locale vous ne verrez mentionné l'histoire de la petite bourgade de Lamothe car il existe une volonté non dissimulée d'effacer totalement le passé sur le Bassin d'Arcachon durant la période 1940/1944 l'histoire locale recommence à surgir timidement dans les années 50 et sinon tout ce qui est antérieur c'est les années 1830 à 1920 personne ne parles des 2 décennies suivante ni même du contexte ou de la date de la disparition et de la destruction de la magnifique gare de Lamothe ( je pense pour ma part aux aunées 80 , car elle était encore en service sur une photo des années mi 60/ début 70 et je chassais la grive entre 1997 et 2000 juste devant cette zone, dans un roncier de 1M80 de haut et à cette époque la gare était rasé et déjà depuis de nombreuses années car mon père, 4/5 ans avant cela et des décennies après également, était souvent sur le secteur pour l'entretiens des centraux téléphoniques et il ne ce souvient pas avoir jamais vu la gare debout !).
Nous sommes en 2018, le 06 août et j'estime qu'après tant d'efforts pour volontairement occulter le passé, il est tant au contraire de le libérer de ses chaines et de l'écouter nous parler ! c'est ce qu'il fera un petit peu plus chaque fois que je lui donnerai la parole au travers de mes suites d'articles sur le sujet!
Mais pour l'heure, ma ballade n'est pas finie, il est 15h21, le soleil sur ces voies désaffectées est accablant et à force de scruter le sol entre les poutres de chemin de fer je tombe sur de petits bout de charbons oui mais attention, ce n'est pas du charbon de bois pour faire le barbecue ou allumer la cheminée, non; il s'agit de petits bout de minerai de charbon, de l'anthracite, un vestige émouvant de l'activité au siècle dernier en effet il alimentait alors les chaudières à vapeurs des premières locomotives, il s'agit d'un témoin silencieux des heures de gloire des lieux.
Ce sera ma dernière découverte sur ces lieux et je décide de repartir dans les bois, j'arrive 6min plus tard en bordure de bois et comprends alors pourquoi la Tellermine 35 que j'ai découvert le 15 mai dernier à put sans problème voler aussi loin et aussi haut par rapport aux voies ferrées, car à cet endroit les rails sont à 10m au dessus du bois, suite à l'explosion des wagons, la mine est alors partie presque à plat dans les airs tel un frisbee d'acier de 10kg avant de percuter 150m plus loin, un, voir deux arbres et de ce ficher dans le sol tourbeux et assez marécageux, pendant 74ans, loin de la zone ou l'explosion à ravagée le sous bois provoquant même un bel incendie.
C'est un nouvel élément important pour la compréhension historique et surtout topographique des lieux.
15h28, en me rattrapant de justesse à un tronc d'arbre parce que je m'étais entravé les pieds dans une petite tige de fer coulée dans le béton à même le sol, je tombe à genoux et comme par un heureux hasard ( mais une fois n'est pas coutume dans ce genre de cas, le hasard et au moins aussi important que l'intuition dans ce genre de prospection à l'oeil nu ) je tombe nez à nez avec un tout petit tube cassé hautement corrodé un petit tube dont j'en ai déjà ramassé bon nombres, entiers ou fragmentés au Cap Ferret et donc je l'ai facilement identifié , il s'agit d'un culot d'un demi étui de munition ou de douille de 7.92 Mauser allemande en acier laqué ou cuivré ( ce sera à voir après une minutieuse restauration) c'est une belle surprise mais elle sera encore plus belle 3min plus tard, après avoir géolocalisé la découverte et pris une photo je découvre la seconde moitié de cette étui, 30cm à côté, calée non loin d'une racine.
C'est une magnifique découverte et j'ai hâte de commencer la restauration de cet étui car si l'amorce est percutée ce ne sera pas une munition éclatée suite à l'explosion d'un wagon mais une munition qui a été tirée dans une arme ( le type de percussion sur l'étui m'apprendra vite si c'est un fusil ou une mitrailleuse qui l'a percutée ) et alors il s'agira d'une douille et donc potentiellement une importante piste vers le lieu de l'escarmouche entre les sentinelles allemandes et les hommes du groupe Mage de la colonne FFI d'Arcachon qui échangèrent des tirs nourris à 17h, le jeudi 24 août 1944 près du secteur des ponts de Lamothe, certes, une douille ne fait pas une preuve irréfutable d'un intense échange de tir mais en revanche ce sera sans aucun doute l'élément qui déclenchera une recherche au détecteur de métaux assez poussée sur un secteur que je n'ai jamais prospecté en 21ans et donc potentiellement le début vers une chasse aux douilles des deux partis en présences et qui sait, peut-être finirais-je par localiser précisément le lieu de "l'attaque"....! Affaire à suivre et restaurations à suivre plus bas.
Ci-dessous vous pouvez voir les images du fragment d'anthracite découvert sur les voies de stockage ainsi que les deux fragments de l'étui allemand, in situ :
Ce seront mes dernières découvertes sur ces lieux, par la suite j'ai prospecté pendant une demi heure dans le sous bois sans rien trouver de plus que ce que je connais déjà ( et que vous avez déjà vu dans mes articles précédents sur le sujet ), j'ai donc décidé de refaire le chemin de la fontaine saint Jean et de repartir prospecter à l'oeil nu dans le bois ou j'ai découvert la mine en mai dernier, à 16h j'arrive sur les lieux et commence la prospection dans le sous bois, cette prospection m'amènera à découvrir que la zone ou la mine à atterrie est un sous bois qui devient rapidement un marré cage en hiver et le sol tourbeux à donc fait le reste.
Je suis resté sur les lieux 35min sans résultat et fort heureusement sans découvrir une nouvelle mine ou un obus, je fais donc une petite halte à la fontaine puis décide de repartir vers la bifurcation de Lamothe, il est temps de penser au retour.
Il est 16h43 la chaleur me tape sur le système depuis à présent un peu plus de 2H, je décide de rentrer à la maison me mettre à l'ombre et me réhydrater.
Petite photo de l'ensemble des objets que j'ai ramené chez moi :
Pour conclure je dirais que cette sortie, bien qu'avec peut d'objets récoltés, à permis de découvrir tout de même plusieurs choses importantes et qui surtout vont me permettre de mieux cerner le périmètre du lieu de l'explosion du convoi de munitions et carburant allemand, ainsi que du lieu supposé de l'escarmouche entre allemands et FFI etttttttttt qui sait , peut être réussir à démêler deux nouveaux noeuds de l'Histoire importants, celui sur la date de l'explosion de ce mystérieux convoi qui ne semble avoir jamais existé si l'on écoute l'histoire officielle ( je le trouve assez palpable et réel ce convoi fantôme pourtant !) et enfin celui sur la possibilité que l'attaque FFI et l'explosion du convoi ne soit qu'un seul et même événement ou bien au contraire deux événements bien distincts mais séparés par quelques mois ou semaines.
Ce sont des sujets passionnants et en même temps assez déroutants car vouloir effacer ces histoires qui ne semblent pas receler de grands secrets honteux ou sordides, pour les localités ou les militaires, me pousse invariablement à continuer mes recherches pour enfin pouvoir écrire de manière précise et irréfutable la vérité sur ces événements, j'espère avoir assez de temps devant moi pour le faire et surtout pouvoir y parvenir avant que les dernières preuves qui sont toujours sur le terrain ne disparaissent corps et bien engloutis par le travail incessant de la nature ou bien par celui des hommes qui détruisent ces vestiges en les retirant des lieux pour les ferrailler, ou en les faisant exploser sans images, sans écrits, sans preuves donc qu'un jour, à cet endroit précis il y eu quelque chose.
Ca, c'est l'Histoire, un enchainement de petites choses et faits anodins, mineurs, anecdotiques mais qui une fois mis bout à bout, dans le bon ordre vous raconte ce qu'il s'est passé à un instant T de cette Histoire, maintenant retirez une ou plusieurs de ces petites choses anodines ou modifiez-en la quantité, la localisation et collez leur une fausse appellation ou explication, qu'obtient on alors ? une fable ! ce n'est pas l'Histoire mais Une histoire, un beau récit emprunt de rebondissements, de choses épiques ou burlesques, une véritable image d'Epinal, un reflet déformé de la réalité historique; Mais en aucun cas ce ne sera jamais la vérité ! c'est ainsi que naissent les légendes urbaines et dans beaucoup de cas malheureusement, elles deviennent l'histoire officielle !
Merci à toutes et à tous une nouvelle fois de m'avoir lu et d'avoir parcouru avec moi l'histoire humaine à un instant précis et durant une période précise, j'espère que tout ceci vous aura intéressé et surtout que tout ceci sera partagé car c'est le propre de l'Histoire elle doit être racontée pour pouvoir être entendue et ainsi être apprise puis à nouveau transmise au plus grand nombre et donc ne jamais être oubliée.
A bientôt pour de nouvelles recherches et de nouvelles aventures .
Passons à présent à la partie restauration des objets découverts:
Et oui je sais ça deviens rare sur mes articles mais pour un article de ce genre je vais également y joindre directement la partie restauration des objets que j'ai ramené car il n'y a pas assez d'objets pour en faire un article restauration dédié uniquement à ces objets, ce n'est pas pour autant que cette partie contiendra moins d'explications sur les objets non, non, non mais seulement je trouve se format plus adapté à cette sortie prospection qu'un grand article calqué sur mes autres sorties détections ou là en revanche il est opportun de créer un article spécifique aux restaurations de mes nombreux objets ramenés.
Passons donc aux photos et aux explications sur ce que sont ces objets :
1-Voici
le morceau d'anthracite après un petit nettoyage à l'eau chaude et à la
brosse à dent, je n'ai guère plus d'explication à ajouter que ce que
j'avais rédigé au retour de ma balade, il s'agit d'un fragment de
charbon qui alimentait jadis le fourneau d'une chaudière, d'une
locomotive à vapeur donc potentiellement datant d'entre milieu 19ème
siècle et les années 40, l'époque ou la gare de Lamothe existait encore
et était même très importante et ou donc les voies de stockage ( car c'est là que j'ai trouvé ce morceau, parmi tant d'autres restés sur place !) gisait
à même le sol, entre les rails désaffectés de cette ancienne voie
dévorée par l'oubli et la végétation, il est donc difficile de dater
précisément ce vestige ça aurait été une autre paire de manche si je
l'avait retrouvé dans un wagon ou proche d'une épave de locomotive
criblé d'impact de balles et d'obus là ça m'aurait fournit une date
précise mais ce n'est pas le cas je ne peux donc rien fournir d'autre
comme estimation qu'une fourchette allant de 185 et 70ans minimum.
2- Voici enfin, l'étui fragmenté de 7.92 mm Mauser, après ré-assemblage ( image 4 ) et une importante restauration de 4mois 1/2 ( recollage des deux parties à la colle cyanoacrylate, visible sur image 5, nettoyage au Dremel
avec pointe diamant et pour la conservation de l'étui comme d'habitude
de la résine cristal coulée dans l'étui histoire d'éviter qu'il ne se
transforme en cendre de rouille et pour l'extérieur un passage au
Rustol,résultat visible sur les images 6 et 7).
Il s'agit bien d'une douille en acier laqué (
malheureusement !!! car cela signifie qu'aucune lecture du culot ne
sera possible il est trop endommagé par 74 ans 1/2 dans une terre très
acide ) l'amorce quant à elle est fort heureusement en
laiton donc bien conservée ainsi que la trace de percussion de l'arme
qui à chambrée cette cartouche, une trace caractéristique, une sorte de "petit volcan", un bourrelet de laiton qui se situe au tour du trou de percussion ce qui indique une charge musclée de la munition (à la limite de la surpression et donc de la destruction de l'étui lors du tir), de plus le "bec de lièvre"
au niveau du collet et le cintrage de l'étui au milieu du corps indique
que cette munition de mitrailleuse à était tirée dans une arme
permettant un tir automatique très très soutenu et qui laissait à peine
le temps à l'étui d'être évacué de la chambre de tir que la culasse se
refermait déjà pour chambrer et percuter une nouvelle munition, ces
trois marques distinctives ( étui tordu par le milieu,
collet écrasé et amorce avec un bourrelet de matière tout autour de la
zone de percussion, ces marques sont les empruntes digitales de l'arme
qui à percutée, puis éjecté cette munition) indiquent donc
que cette douille provient d'une mitrailleuse allemande, qui terrifia
les soldats alliés au point que ces derniers la surnommeront la "scie
circulaire d'Hitler (the Hitler's buzzsaw) surnommé également par les allemands, Hitlersäge, (pour, La scie d'Hitler) ou encore Knochensäge (signifiant littéralement la scie à os)", il s'agit de la terrifiante MG42 (dans cette vidéo, on voit bien sa cadence de tir phénoménale , sur ce screenshot de la vidéo, on voit bien l'état similaire des étuis éjectés en slow motion)
la suite sera ici








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